Coucou les petits poissons,

Aujourd’hui est un jour un peu spécial, puisque j’ai décidé de mettre en ligne l’une des nombreuses histoires que j’ai écrites.

Je dois vous avouer quelque chose : il y a bien longtemps que je n’avais pas partagé une histoire. C’est ma jolie Whitebird qui m’a convaincue de le faire.

C’est un texte un peu cucul, un peu bateau et c’est une histoire que j’ai couchée sur papier il y a de cela quelques temps déjà.

J’espère que vous apprécierez,

Bonne lecture.


 

“ TU NE VAS PAS TE MARIER AVEC LUI ? T’ES PAS SÉRIEUSE ? ”

Alors que toute l’assemblée s’était tournée pour dévisager l’étranger surgi de nulle part, je blêmissais à vue d’œil. Mon futur mari ne cessait de tourner la tête pour me regarder, puis pour regarder l’homme planté dans l’entrée.

Suffoquant dans ma robe à corset, agrippant mon horrible bouquet de roses, choisi avec soin par ma belle-mère, je me demandais ce que je faisais là.

roses-gif-black-and-white“ Tu vas vraiment te marier avec lui ? Sérieusement ? ”

J’avais toujours dit que je ne me marierais pas. Mais bon, Etienne était un bon gars comme dirait ma mère. J’avais mis de côté mes convictions pour oublier mon passé, pour avoir un semblant de vie normale.

Mais qui était donc cet homme qui avait débarqué au milieu de ma cérémonie de mariage ? Il s’appelait Tom, je l’avais connu l’année de mes 22 ans. C’était un copain comme ça, le genre qu’on rencontre, qu’on ajoute sur Facebook, à qui on parle de temps en temps. Un gars qu’on revoit aux anniversaires et aux soirées d’amis d’amis qui ont apparemment eux aussi des amis.

Je ne savais pas vraiment s’il m’appréciait ou non. On se prenait souvent la tête à vrai dire, pour tout et pour rien, pour savoir qui avait raison ou non. Je prenais mal tout ce qu’il me disait, il prenait un malin plaisir à m’embêter.

Il avait de magnifiques cheveux noirs, une barbe de trois jours qui durait à l’infini, un rire qui me rendait aussi vaporeuse qu’une barbe à papa et ses mains… ses mains étaient si douces qu’elles me faisaient sortir de mon corps à chaque fois qu’elles m’effleuraient. Il avait cette façon de me regarder avec une moue énervée si énervante.

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Je le détestais, il me détestait et le monde continuait de tourner.

Plus j’adorais le hardrock, plus il le rejetait, plus je haïssais l’électro, plus il l’adorait. La musique et quelques questions philosophiques étaient devenues nos principaux centres de discordes, guidant chacune de nos discussions enragées.

Le soir de son anniversaire, alors que je lui balançais quelques horreurs à la tête concernant la musique qu’il venait de mettre, il m’a invitée à un concert.

“Pour que tu vois que j’ai raison ”, qu’il m’a dit.

Les concerts se sont enchaînés… les prises de becs aussi. C’était mon ami détestable qui me détestait… et j’adorais ça.

Un soir, après un concert, alors que j’avais sûrement un peu trop bu,  il m’a glissé à l’oreille :

“Viens dormir à la maison, je veux pas qu’il t’arrive quelque chose.”

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Dans l’euphorie de la boisson, nos discussions étaient encore plus animées.

Allongés sur son lit à débattre d’un énième sujet, je contemplais le plafond peint d’étranges nuages. Alors que la musique s’échappant de son vieux radio-cassettes accélérait au rythme de mon pouls, il a fini par me regarder. Je sentais son souffle chaud sur mon nez.

Inévitablement ce moment arriva.

Ce baiser était froid, chaud, doux et dur à la fois. J’ai senti ses mains plonger dans mon dos pour me ramener vers lui. Et l’espace d’un instant, je me retrouvais à la place de l’héroïne niaise de n’importe quel roman Harlequin.

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Il est devenu le garçon qui partageait ma vie et nous avons entamé une relation des plus banales en apparence. La réalité était tout autre, nous avions gardé ce rapport de force qui s’était mué en disputes de couple, alimentant nos différends et empêchant toute communication. On se déchirait pour tout, pour rien, pour la vaisselle, pour le dimanche chez mes parents…

J’adorais ce rapport de force, j’avais envie de ça, j’avais envie qu’il me regarde avec ses grands yeux verts et qu’il me fasse sa moue énervée et énervante, j’avais envie de me réconcilier sur l’oreiller, pourtant je savais que cette situation n’était pas viable.

Cela faisait un an que nous nous aimions à notre façon. Je commençais à me fatiguer de vivre ainsi. Nos combats étaient lassants et lassés. Les pleurs et les cris nous étourdissaient, la haine grandissait.

Un matin, alors qu’il cuisinait l’un de ces plats que j’adorais, j’ai senti que quelque chose n’allait pas. Je me suis assise, les jambes en coton et l’estomac retourné.

“ J’ai accepté le poste à Berlin. Ils me veulent dès le mois prochain.”

J’ai entendu mon coeur se briser comme du verre, bourdonnant dans mes oreilles…

“ Je t’aime. Suis-moi, viens avec moi. ”

J’ai simplement répondu : “Je ne peux pas.”

C’était faux… bien sûr que je pouvais… c’était quoi mon excuse ? Un boulot que je n’aimais qu’à moitié, une famille que je ne voyais quasiment jamais et une ville que je n’avais jamais eu le cran de quitter ?

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Bien plus tard, mes amis m’ont affirmé que j’avais pris la bonne décision, que cette relation nous détruisait. Mais en réalité, j’ai juste eu la trouille de tout plaquer pour lui. Tout plaquer pour quelqu’un avec qui j’étais en conflit permanent, quelqu’un avec qui je ne pouvais plus communiquer. J’ai eu peur qu’il ne m’aime plus, j’ai eu peur de ce qui pourrait arriver. La seule question à se poser était « Qu’est-ce que tu veux ? »

Il est parti sans avoir eu ma réponse… il est parti après une énième dispute pleine de haine et de rancœur  et je crois que je ne m’en suis jamais remise.

J’ai vécu quelques années enchaînant aventures sans lendemain et relations à sens unique… j’ai vécu quelques années à me demander s’il en avait aimé d’autres et s’il pensait encore à moi…

J’ai rencontré un autre garçon, j’ai essayé de l’aimer et d’aimer l’aimer, je me suis installée avec lui, j’ai accepté sa demande en mariage et me voilà aujourd’hui, à pouvoir enfin répondre à cette question avec quelques années de retard :

« De quoi as-tu réellement envie ma grande ? »

J’ai lâché mon horrible bouquet de roses et je lui ai attrapé la main, l’entraînant dans ma course. Il a eu l’air à la fois surpris, soulagé et ravi. Il m’a fait son adorable et énervante moue et m’a dit “J’ai bien cru que tu allais vouloir me donner tort une dernière fois.”

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J’espère que ce texte vous aura plu,

Bonne journée les petits poissons,

Imaginé par le Goldfish Gang Blog et griffonné par Poisson Rouge